Un seuil utile
se calcule, il ne se devine pas.
La plupart des seuils de réapprovisionnement ont été saisis une fois, au démarrage, à l'estime. Ils déclenchent trop tard sur les pièces critiques et trop tôt sur le reste, si bien qu'on finit par ignorer les alertes.
Ce que coûte une rupture
Le coût visible est celui de la pièce achetée en urgence, plus cher, parfois chez un autre fournisseur. C'est le plus petit des trois.
Le deuxième est le déplacement perdu : un technicien qui repart sans avoir dépanné, un retour à prévoir, un créneau à reprogrammer. Le troisième, le plus lourd, est chez le client : une chambre froide à l'arrêt ou un local non climatisé se chiffre en marchandise perdue ou en activité interrompue.
Comparer le coût d'un stock dormant au seul prix de la pièce fausse donc systématiquement l'arbitrage.
Un seuil n'est pas un stock minimum
Un stock minimum répond à la question « combien dois-je toujours avoir ». Un seuil de réapprovisionnement répond à une autre question : « à partir de quelle quantité dois-je commander pour ne pas tomber à zéro avant d'être livré ».
Le seuil dépend donc de deux grandeurs et non d'une : la consommation moyenne sur la période, et le délai réel de réapprovisionnement. Une pièce consommée deux fois par semaine avec un délai fournisseur de dix jours ouvrés n'a pas le même seuil que la même pièce disponible en agence le lendemain.
Le délai réel, pas le délai annoncé
Le délai à retenir est celui constaté, de la commande à la mise à disposition effective au dépôt, pas celui du catalogue. Il inclut le temps de validation interne, souvent sous-estimé, et les ruptures du fournisseur lui-même.
Il varie aussi dans l'année. Sur les pièces de climatisation, un délai de mai ne ressemble pas à un délai de novembre. Un seuil unique toute l'année accepte donc une rupture saisonnière.
Les alertes qu'on ignore
Une alerte de seuil n'a de valeur que si elle est rare et actionnable. Trente alertes par matin sur des joints et des vis produisent le même effet qu'aucune alerte : on ferme la liste.
Deux réglages y suffisent. Restreindre l'alerte aux références dont la rupture bloque une intervention, et distinguer ce qui est déjà commandé de ce qui ne l'est pas, pour ne pas alerter deux fois sur la même situation.
Le cas des pièces à faible rotation
Une pièce utilisée deux fois par an n'a pas de consommation moyenne exploitable. Le seuil ne s'y calcule pas, il se décide : soit l'équipement qu'elle sert est critique chez un client sous contrat, et on en garde une, soit il ne l'est pas, et on accepte le délai.
Ce choix se prend une fois, par référence, et se documente. Sinon il se reprend à chaque rupture, dans l'urgence.
Questions fréquentes
Faut-il un seuil sur toutes les références ?
Non. Sur un catalogue de plusieurs milliers de lignes, une minorité justifie un seuil. Les poser toutes revient à produire du bruit et à perdre les alertes utiles.
Comment tenir compte des pièces qui dorment dans les camions ?
En comptant le stock de tous les points, dépôt et véhicules confondus. Un seuil calculé sur le seul dépôt déclenche des commandes alors que la pièce est déjà dans un camion.
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